Biographie

Lucien SEGUY, ancien agronome au Cirad et inventeur des SCV, est un chercheur engagé depuis de nombreuses années aux côtés des paysans du Sud. Il a travaillé avec Serge BOUZINAC, Olivier HUSSON, Hubert CHARPENTIER, au sein du Cirad et avec des paysans français comme Christian ABADIE, Jean-Claude QUILLET, Noël DENEUVILLE, …

Sa vie

Lucien Séguy, 1944-2020, agronome du génie végétal

Premiers pas

Lucien Séguy est né dans une famille de petits paysans du nord Dordogne, fiers de leurs racines et durs à la tâche. Il sera le seul de sa fratrie de quatre frères et sœurs à accéder à l’université. Diplôme d’ingénieur agronome de l’ENSA Toulouse en poche, suivi d’une spécialisation en pédologie à l’ORSTOM (ex IRD…) de Bondy, il épouse Jacqueline qui l’accompagnera durant toute sa carrière. Son service civil se déroule au Sénégal de 1967 à 1969 ; à la grande station IRAT (Institut de Recherche Agronomique Tropicale) de Bambey, il préfère une affectation en brousse, Sefa. Il y refait une carte pédologique et s’attaque à l’amélioration du travail du sol en traction animale des rizières de Casamance.

En 1969, l’IRAT l’affecte dans l’Ouest Cameroun à Dschang où il monte et accompagne des projets rizicoles sur les plaines des M’Bos et de N’Dop. Il y conduit des travaux sur les systèmes de culture et l’amélioration variétale du riz pluvial et irrigué. Ses analyses des interactions entre génotype et environnement, soulignant l’influence majeure de la fertilité des sols sur les attaques de pyriculariose, le font remarquer et sont toujours citées.

Ses travaux et réalisations alliant recherche et développement interpellent des responsables de la recherche agronomique brésilienne, et fin 1977, il devient le premier expert IRAT en poste au Brésil, affecté auprès de L’EMAPA de l’état du Maranhão. Il travaillera au Brésil jusqu’à sa retraite en 2009, et au-delà. De 1977 à 1982, il monte avec l’aide de Serge Bouzinac des études sur la culture du riz pluvial pour, chez et avec des petits paysans sans terre. Les systèmes de défriche-brûlis manuelle, sur ces savanes secondaires à Palmiers Babaçu sont comparés à des systèmes en traction animale, immédiatement abandonnés en raison des érosions catastrophiques qu’ils induisent. Premier signal sur la nécessité du semis direct dans ces écologies tropicales. Mais Lucien et Serge sont informés que leurs activités avec les sans terres du Nordeste, ne sont pas du goût de tous. Dans ces régions du Brésil, à cette époque, le message est sans ambiguïté, il faut partir, vite. L’EMBRAPA – CNPAF (Centre National Riz & Haricot) de Goiânia intéressé par leurs résultats les accueille.

1982, nouveau milieu, donc. Les Cerrados du Centre Ouest brésilien (Mato Grosso, Goiás, Tocantins…), un biome de savanes arborées, plus de 200 millions d’hectares sur lequel avance un irrépressible front pionnier d’élevage extensif et d’agriculture mécanisée. Des sols latéritiques, acides, vides de nutriments… longtemps considérés comme impropres à toute forme d’agriculture rentable. Peu importe, la conquête de la terre est en marche : défriche, riz pluvial, monoculture de soja sur travail du sol simplifié avec des outils à disques … semelle de labour, érosion ! Une dévastation à échelle industrielle. Le diagnostic est vite posé, les premières recommandations, simples, adaptées suivent : combiner rotation de cultures commerciales (soja/riz, soja/maïs) et succession annuelle où à la culture commerciale, succède une safrinha secondaire (maïs, sorgho ou mil) avec des préparations de sols profondes (labour dressé aux socs, scarification avec des outils à dents). Ces systèmes de travail du sol profond ont du succès et sont très largement diffusés. Mais l’avènement du Semis Direct dans les régions subtropicales du sud du Brésil va venir changer le paradigme des travaux de Lucien et Serge.

L’invention, le Semis direct sur Couverture Végétal (SCV) en milieu tropical

1984, visite à la Coopérative laitière centrale du Paraná à Carambeí, région des Campos Gerais, premiers échanges avec les agronomes Hans Peeten, Josué Nelson Pavei … et les agriculteurs Nonô Perereira et Franke Dijkstra, pionniers du semis direct dans cette région du Sud.

1985, un producteur éclairé du Mato Grosso, Munefumi Matsubara, leur ouvre grand les portes de sa fazenda … et sa bourse. Des alternatives en semis direct sont rigoureusement comparées aux systèmes avec travail du sol profond ou superficiel. Au cours de ces cinq années décisives, les systèmes en semis direct sont plus productifs et rentables que les systèmes conventionnels ; ils sont aussi et avant tout les seuls à permettre une augmentation, de plus de 20%, des teneurs de matière organique des sols. Les systèmes sous couvert végétal (SCV) sont lancés, des étapes cruciales sont franchies avec l’insertion, en succession, en association des cultures commerciales, d’espèces telles que le sorgho, mil, les crotalaires, le Brachiaria… qui produisent de fortes biomasses valorisant des pluies marginales et surtout l’eau du sol.

Les principes techniques des systèmes SCV permettant de respecter les lois de fonctionnement des agroécosystèmes tropicaux sont posés, formalisés dans des documents scientifiques et didactiques. L’analogie centrale avec le fonctionnement d’un écosystème forestier tropical, se nourrissant sur lui-même dans des recyclages continus entre biomasses vivantes et mortes grâce à l’activité biologiques des sols offre un cadre fécond à la créativité agronomique de Lucien Séguy. Les couverts végétaux se présentent comme des pompes biologiques, recyclant les éléments minéraux, protégeant le sol des pluies tropicales, préservant une température optimale pour l’activité biologique et l’absorption racinaire … tout le contraire des sols mis à nu par le labour ou des techniques culturales simplifiées, incompatibles avec une gestion durable de la ressource sol.

Ces travaux sont conduits via de multiples partenariats, en interaction avec une diffusion active de ses résultats par les fondations et associations de producteurs. Avant l’an 2000, les SCV couvrent déjà -et ont sauvé- des millions d’hectares de terres agricoles dans les états de Goias, Mato Grosso, Tocantins, Maranhão, Piauï … recoupant une vaste diversité pédoclimatique tropicale dans laquelle les SCV se diversifient. Ils inventent de nouvelles alternatives, sur des couvertures végétales maintenues vivantes sous la culture, encore plus efficientes, comme le soja sur couvert permanent de chiendent (Cynodon dactylon) ou le maïs sur arachide pérenne (Arachis pintoï). Avec le groupe Maeda, les SCV sont adaptés à la culture cotonnière, le préalable à son essor rapide dans le Mato Grosso.

En parallèle, ils développent avec James Taillebois, un sélectionneur du CIRAD, un programme de sélection génétique de riz avec pour objectif premier d’élargir l’adaptabilité des variétés créées et leurs tolérances aux maladies fongiques, en sélectionnant en conditions pluviales, de l’équateur jusqu’au subtropical, des croisements entre pools d’origines pluviales et irriguées. Ces variétés vont voyager dans de nombreux pays tropicaux et subtropicaux faisant montre de leur grande plasticité qu’elles tirent de leur base génétique et des systèmes SCV dans et pour lesquelles elles sont sélectionnées.

Lucien et Serge ont inspiré des milliers d’agriculteurs, agronomes et chercheurs brésiliens sur la base de leurs travaux précurseurs et visionnaires sur les systèmes sous couvert végétal pour les écologies tropicales du Brésil. Ils ont accueilli des visites de tous pays et continents se faisant les premiers et les meilleurs ambassadeurs des SCV du Brésil.

Informer et former le monde

A partir de 1984 et jusqu’à sa retraite, Lucien réalise tous les ans des missions d’appui auprès de collègues chercheurs, agronomes et de projets de développement publics et privés dans de nombreux pays tropicaux d’Afrique, d’Asie du Sud-Est. Madagascar, île continent aux innombrables écosystèmes tropicaux, sera grâce aux partenariats tissés et aux financements de nombreux projets par l’Agence Française de Développement (AFD), une antichambre pour les petites paysanneries de ces techniques nées dans les dynamiques agro-industrielles du Brésil. D’autres projets suivront, principalement sur financements de l’AFD, en Côte d’Ivoire, Gabon, Cameroun, Sénégal, Tunisie, Vietnam, Laos, Cambodge… permettant de décliner les principes des SCV en pratiques adaptées aux conditions sociales d’agricultures familiales parmi les plus démunies de la planète.

Avec le Pr João Carlos Sá, de l’Université de Ponta Grossa (Parana, Brésil), ils organiseront, toujours grâce aux financements de l’AFD, de 2006 à 2011, six éditions d’une formation internationale sur les SCV et la dynamique de matière organique du sol, rassemblant plus de 90 agronomes, vulgarisateurs et chercheurs travaillant en partenariat avec le CIRAD dans plus de 13 pays du Sud. Tous ces pays, et d’autres, ne peuvent plus ignorer cette information clef, pour l’humanité : on sait dorénavant faire pousser, sous les tropiques, les grandes cultures annuelles pluviales, de façon durable, rentable et accessible. Un nouveau pilier est disponible pour renforcer la sécurité alimentaire mondiale et l’autonomie des pays du Sud.

En 2009, à sa retraite du Cirad, il poursuit ses appuis à travers la planète auprès des acteurs convaincus par la pertinence des voies agronomiques qu’il continue d’ouvrir. Des réseaux se montent qu’il anime, partageant sa vision, ses idées, sa créativité et son humour. A l’invitation d’un agronome du Québec, Louis Pérusse, il se lance dans l’adaptation des SCV aux conditions continentales ; ils remettent à l’honneur les blés d’hiver semés à la volée dans le soja trois semaines avant la récolte, gagnant un mois de croissance avant l’hiver et avançant la récolte d’un mois. Ce calendrier, profondément remanié par rapport aux schémas basés exclusivement sur les cultures de printemps, ouvre une fenêtre pour implanter à la volée dans les blés murissant des mélanges de plantes de couverture. Ces derniers apportent alors ici, comme partout, de façon intégrée, par et pour le biologique, recharge en matière organique et de multiples fonctions écosystémiques telles que la fixation azotée par les légumineuses, la stimulation de fonctions microbiennes symbiotiques et non symbiotiques, la création et l’entretien d’une forte macroporosité par les effets combinés de puissants systèmes racinaires et la stimulation d’une forte activité des vers de terre, le contrôle des adventices par la couverture du sol… .

Au Sud du Brésil, dans les États de Santa Catarina et du Rio Grande do Sul, il travaille avec de jeunes agronomes brésiliens à la conception et à la diffusion sur des centaines de milliers d’hectares, des couverts multifonctionnels à base de mélanges complexes composés de 10 espèces et plus. Il est invité en 2009 en Argentine et en Uruguay par Jean Waymel, agriculteur d’origine française, avec qui il développe des SCV diversifiés intégrant le semis à la volée sur couvert végétal, y compris de culture à grosses graines comme le soja. Ces techniques pratiquées à très grande échelle accroissent les vitesses d’implantation des cultures et la résilience des systèmes de production dans un climat de plus en plus variable.

Sa passion pour la diversité végétale, ses talents de naturaliste, l’ont amené à explorer inlassablement de nombreuses espèces végétales tempérées et tropicales, à proposer des mélanges de plus en plus efficaces alliant cultures annuelles et pérennes, et aux fonctionnalités et morphologies aériennes et racinaires diversifiées, le cœur des SCV.

Même en France !

Il initie également dès le milieu des années 1990 des échanges avec quelques agriculteurs français, en métropole et plus tard dans des départements et territoires d’Outre-Mer (Réunion, Antilles, Nouvelle Calédonie).

Avec ces pionniers des SCV en France[1], il expérimente dans des écologies aussi diverses que les rives et coteaux de la Loire, la Champagne berrichonne, les collines du Gers, la Camargue, les versants de la Montagne Pelée… dans des systèmes céréaliers, de polyculture élevage, des bananeraies, en conditions pluviales ou irriguées.

Quelles espèces et associations d’espèces pour les couverts d’hiver, d’été, en fonction des conditions de milieux… Comment les semer dans les différentes cultures, en dérobée, en succession, à quelle date, à quelle dose… ? Ce savoir-faire et ces connaissances sont à défricher et organiser par des essais. Tous ces agriculteurs rallongent, diversifient leurs rotations, intègrent des légumineuses via les cultures (pois d’hiver, de printemps, soja…) et les couverts, éventuellement fourragers (vesce, féverole, gesse, trèfles…). Les fermes d’élevage conquièrent par-là leur autonomie en protéines. Aux techniques de couvertures mortes, tuées avant semis de la culture, viennent, ici aussi, s’ajouter des couverts vivants de luzerne sur argilo-calcaire, de trèfle ou de lotier sur les sols plus acides ou hydromorphes, faisant encore gagner en coût et en flexibilité face aux aléas du climat et des marchés.

Ils testent et mettent en commun les acquis, sur leurs fonds propres, un réseau se coopte pour avancer. Lucien l’anime en structurant les essais et en maintenant le cap agrologique des SCV, même quand les résultats escomptés ne sont pas immédiatement au rendez-vous.

Les SCV de mieux en mieux maîtrisés intègrent progressivement l’ensemble des terres cultivées sur ces fermes, remaniant profondément leur système d’exploitation. Les parcs matériels se simplifient, les grosses puissances de traction pour les préparations de sol n’ont plus lieu d’être. Il faut aussi être autonome pour ses productions de semences de couverts, la législation interdisant dons, échanges ou ventes entre agriculteurs, même pour des espèces et variétés libres de droit d’obtenteurs ou plus disponibles sur le marché ; les semences commerciales ne sont pas forcément optimales pour les systèmes et restent onéreuses, utilisées à bonne dose.

Plus aucune de ces fermes n’utilise d’insecticides, que ce soit en foliaire, au sol ou en traitement de semences, sur quelques cultures que ce soient, ni d’anti-limaces. Des fongicides ne sont appliqués qu’exceptionnellement sur les céréales à paille et colza, au quart ou à la moitié des doses préconisées, lorsque des conditions climatiques propices au développement des champignons pathogènes surviennent à un stade critique de ces cultures. Les herbicides demeurent, à faible dose, principalement pour le contrôles des couverts. Les apports d’azote minéral sur céréales à paille et maïs diminuent progressivement pour atteindre 10 à 12 unités par tonne de grains, une efficience quasi doublée en comparaison des exploitations avoisinantes. Toutes ces fermes qui pratiquent les SCV depuis plus de 15 ans obtiennent les meilleures performances techniques (rendement, qualité nutritive et sanitaire des grains) dans leurs régions respectives ; elles ont, dans le même temps, réduit leurs charges en intrant et carburant de 39%, par rapport à des itinéraires dits raisonnés (travail du sol simplifié, dose d’intrants modérée), à 58%, par rapport à des références ayant recours au travail du sol conventionnel et aux pleines doses d’intrants.

Sur tous ces résultats, Lucien communique beaucoup, avec fougue et passion … même si, après une vie au contact des acteurs du développement et de la recherche au Brésil, l’inertie, parfois bavarde et suffisante, de l’agriculture française ne cesse de le surprendre au vue de la crise dans laquelle se débat une immense majorité de producteurs et l’état général de nos sols.

Quels enseignements pour l’avenir de notre agriculture ?

Il y a tant à retenir de ce parcours immense, pour qui voudrait continuer le travail de Lucien Séguy sur les chemins du développement et de la connaissance des SCV à travers le monde.

Pratiquer les SCV, c’est vouloir orchestrer la transformation des milieux que l’on cultive par et pour la puissance du végétal. C’est penser et organiser des flux puissants de biomasses diversifiées pour capter, stocker et restituer en continu l’énergie solaire par les plantes et la vie du sol. Nous savons aujourd’hui que cela nécessite de maintenir les sols couverts en permanence, de mobiliser une grande diversité végétale au sein des rotations via des couverts multi-spécifiques, et de réussir à abandonner toute forme de travail du sol. Ce dernier point est très débattu peut-être car il est le symbole le plus emblématique d’un changement de modèle radical ; sûrement parce qu’il est celui qui pose le plus de problèmes de mise en œuvre dans les phases de transition et pour certaines cultures pour lesquelles des référentiels techniques solides manquent encore. Il est pourtant celui pour lequel la connaissance scientifique est la plus solidement établie ; travailler le sol, même de façon superficielle et épisodique, nuit partout, que l’on soit dans la Nièvre, au Québec ou au cœur du Mato Grosso, à la vie du sol et aux capacités de stockage et de restitution de l’énergie qu’elle construit. Travailler le sol, c’est se condamner à faire un travail de Pénélope, toujours défaire dans la nuit du sol ce que les plantes photosynthétis(s)ent le jour. C’est se condamner à rester dans un entre-deux technique, à se couper d’une effectivité pleine, entière et continue des processus naturels qui viennent organiser la fertilité des sols et contribuer au contrôle des bio-agresseurs de nos cultures. C’est par le respect de ces 3 principes pratiques des SCV que les apports importants et continus de matière organique nourrissent une biodiversité microbienne et invertébrée de plus en plus riche, complexe et foisonnante et que peuvent s’auto-organiser nos sols cultivés.

Développer des systèmes de culture et de production en SCV requiert tout d’abord d’abandonner l’idée de recette applicable pour se lancer dans l’exploration libre mais méthodique d’un immense champ de possibles. Cela demande d’imaginer et apprendre à mener des rotations répondant à nos objectifs de production où cultures et couverts végétaux se relaient pour tendre vers des sols couverts 365 jours sur 365. Cela demande aussi, au début, de l’audace pour rompre les amarres avec le confort rassurant des pratiques conventionnelles, instituées. C’est accepter d’en passer par des décisions contraires à ce que l’on nous a appris, à ce que l’on nous recommande. C’est refuser de voir un salut dans la « high tech » prétendument révolutionnaire que l’on impose à des agriculteurs surendettés, pour oser la complexité du vivant et l’autonomie. C’est entrer, pour la première fois avec le semoir dans un « gros » couvert végétal, plus tard préférer semer à la volée dans des couverts vivants ou par-dessus des cultures murissantes … en se demandant tout de même, pour une fois à l’unisson avec les voisins, si l’on n’est pas devenu un peu dingo ! C’est aussi se retenir de faire cet insecticide en acceptant l’idée qu’il y a plus, à terme, à y perdre qu’à y gagner, préférer nourrir des ravageurs en les leurrant plutôt que de les tuer et renoncer à leurs ennemis naturels, etc. Toutes ces remises en questions des pratiques courantes dissolvent, l’un après l’autre, les repères en vigueur et s’apparentent au franchissement d’un miroir, derrière lequel se cueillent les bénéfices que nous servent les processus naturels activés ; un miroir derrière lequel aussi les systèmes avec travail du sol apparaissent pour ce qu’ils sont, absurdes et contre-nature. Cette transformation de nos façons de cultiver nous a transformé autant que nos sols et nos exploitations, et pourtant nous sommes conscients d’être à l’orée d’un immense territoire que nous commençons à peine à explorer, source de confiance en l’avenir et d’une humilité heureuse. Lucien Séguy voulait avancer sans relâche dans ce territoire de la biodiversité et du génie végétal au service d’une agriculture toujours plus propre et performante.

La recherche éprouve aussi des difficultés pour s’emparer de ces étranges objets techniques que sont les systèmes de culture à base de semis direct sur couverture végétale ; ces objets techniques déroutent car ils tirent leur efficience des processus naturels qu’ils activent ; des processus naturels qui, dans la durée, organisent nos sols et donnent aux écosystèmes que nous cultivons leurs grandes fonctions de gestion de la fertilité et d’autorégulation des nuisibles divers, adventices, phytophages, maladies …

Cette médiation essentielle du naturel crée une distance entre le geste pratique et l’effectivité associée, mesurable dans nos parcelles et nos fermes. Elle rend ainsi les approches factorielles de l’agronomie classique, fondées sur les analyses des liens présupposés entre pratique et effet, impropres à l’étude et à la conception de ces systèmes. Car ceux-ci ne résultent pas d’une combinaison de facteurs mais sont création émergente d’un milieu cultivé complexe et transformation concomitante des perceptions et connaissances de celles et ceux qui les pratiquent.

C’est pour nous avoir aidés à nous engager dans cette double transformation que nous tenions ici à te remercier, Lucien.

Puisse ton formidable legs être compris et repris par des acteurs et politiques, clairvoyants, courageux et ambitieux.

[1]                    Jean-Claude Quillet, Hubert Charpentier, Christian Abadie, Sandrine Gallon & Alain Coudrillier, Noël & Lydie Deneuville, Bertrand et Patrick Aubéry …

Article publié dans la revue TCS (Techniques Culturales Simplifiées) – « Agronomie, Ecologie et Innovation – TCS N° 108 Juin-Juillet-Août 2020 »

Article rédigé avec les sources de http://open-library.cirad.fr

Lucien Séguy, 1944-2020, agronomist of plant engineering

First steps

Lucien Séguy was born into a family of small peasants in the north of Dordogne (France), proud of their roots and hard workers. He’s been the only one of his four siblings to reach university. With a diploma in agricultural engineering from ENSA Toulouse in is hands, followed by a specialization in pedology at ORSTOM (formerly IRD …) in Bondy, he married Jacqueline, who would accompany him throughout his career. His civic service took place in Senegal from 1967 to 1969; at the large IRAT station (Institute for Tropical Agronomic Research) in Bambey, he prefers an assignment in the bush, Sefa. He is redoing a soil map and tackling the improvement of tillage by animal traction in the rice fields of Casamance.

In 1969, IRAT assigned him to West Cameroon in Dschang, where he set up and supported rice projects on the plains of M’Bos and N’Dop. There, he carried out work on cropping systems and varietal improvement of rainfed and irrigated rice. His analyzes of the interactions between genotype and environment, highlighting the major influence of soil fertility on blast attacks, point his work out and are still cited to this day.

His work and achievements combining research and development greatly interest the responsibles of Brazilian agricultural research, and at the end of 1977, he became the first IRAT expert stationed in Brazil, assigned to LEMAPA in the state of Maranhão. He will work in Brazil until his retirement in 2009, and beyond. From 1977 to 1982, with the help of Serge Bouzinac, on the cultivation of rainfed rice for, among and with small landless peasants. The manual slash-and-burn systems on these secondary savannas of Palmiers Babaçu are compared to animal traction systems, immediately abandoned due to the catastrophic erosion they induced. This was the first signal on the need for direct seeding in these tropical ecologies. But Lucien and Serge are informed that their activities with the landless farmers of the Northeast are not to everyone’s taste. In these regions of Brazil, at that time, the message was unambiguous, « they had to leave, quickly”. The EMBRAPA – CNPAF (National Rice & Bean Center) from Goiânia, interested in their results, welcomes them.

1982, new environment. The Cerrados of the Brazilian West Center (Mato Grosso, Goiás, Tocantins …), a biome of wooded savannas, more than 200 million hectares on which an irrepressible pioneer front of extensive breeding and mechanized agriculture is advancing. Lateritic, acidic soils devoid of nutrients … long considered unsuitable for any form of profitable agriculture. Regardless, the conquest of the land is underway: clearing, rainfed rice, soybean monoculture on simplified tillage with disc tools … plow-sole, erosion! Industrial-scale devastation. The diagnosis is quickly made, the first recommendations, simple and adapted followed: combine rotation of cash crops (soybean / rice, soybeans / corn) and annual succession where cash crops are replaced by a secondary safrinha (corn, sorghum or millet) with deep soil preparations (plowing with plowshares, scarification with tine tools). These deep tillage systems are successful and are widely used. But the advent of Direct Sowing in the subtropical regions of southern Brazil will change the paradigm of the work of Lucien and Serge.

The invention, Direct Sowing on Plant Cover (SCV) in a tropical environment

1984, visit to the Paraná Central Dairy Cooperative in Carambeí, Campos Gerais region, first discussions with agronomists Hans Peeten, Josué Nelson Pavei… and farmers Nonô Perereira and Franke Dijkstra, pioneers of direct sowing in this southern region.

1985, an enlightened producer of Mato Grosso, Munefumi Matsubara, opens wide the doors of his fazenda… and his purse. No-till alternatives are rigorously compared to systems with deep or shallow tillage. During these decisive five years, no-till systems are more productive and profitable than conventional systems; they are also and above all the only ones to allow an increase, of more than 20%, of the organic matter contents of the soils. The systems under Direct Sowing Mulch-based cropping systems (DMCs) are launched, crucial stages are taken with the insertion, in succession, in association of the commercial cultures, of species such as sorghum, millet, crotalaria, Brachiaria… which produce strong biomass valuing marginal rainfall and especially soil water.

The technical principles of DMC, systems making it possible to respect the operating laws of tropical agroecosystems are laid down, formalized in scientific and didactic documents. The central analogy with the functioning of a tropical forest ecosystem, feeding on itself in continuous recycling between living and dead biomass thanks to the biological activity of the soils provides a fertile framework for the agronomic creativity of Lucien Séguy. Plant covers are presented as biological pumps, recycling mineral elements, protecting the soil from tropical rains, preserving an optimum temperature for biological activity and root absorption … quite the opposite of soils exposed by plowing or simplified cultivation techniques, incompatible with sustainable management of soil resources.

This work is carried out through multiple partnerships, in interaction with an active dissemination of its results by foundations and producer associations. Before the year 2000, DMCs already cover – and saved – millions of hectares of agricultural land in the states of Goias, Mato Grosso, Tocantins, Maranhão, Piauï … intersecting a vast tropical pedoclimatic diversity in which DMCs are diversifying. . They made up new alternatives, on plant covers kept alive under cultivation, even more efficient, such as soybeans on permanent quackgrass cover (Cynodon dactylon) or corn on perennial peanuts (Arachis pintoï). With the Maeda group, DMCs are adapted to cotton cultivation, the prerequisite for its rapid development in Mato Grosso.

In parallel, they are developing with James Taillebois, a breeder at CIRAD, a genetic selection program for rice with the primary expectation of widening the adaptability of the varieties created and their tolerance to fungal diseases, by selecting in rainy conditions, equator to the subtropical, crosses between pools of rainfed and irrigated origins. These varieties will travel to many tropical and subtropical countries showing their great plasticity which rely on their genetic basis and from the DMC systems from which they were selected.

Lucien and Serge have inspired thousands of Brazilian farmers, agronomists and researchers on the basis of their pioneering and visionary work on undercover systems for tropical ecologies in Brazil. They have welcomed visits from all countries and continents making themselves the first and best ambassadors of the Brazilian DMCs.

Inform and train the world

From 1984 until his retirement, Lucien carried out support missions every year with fellow researchers, agronomists, public and private development projects in many tropical countries : in Africa and South Asia. Madagascar, an island continent with innumerable tropical ecosystems, will be, thanks to the partnerships forged and the funding of numerous projects by the French Development Agency (AFD), an anteroom for small peasantry of these techniques born in the agro-industrial dynamics of Brazil. Other projects will follow, mainly with funding from AFD, in Côte d’Ivoire, Gabon, Cameroon, Senegal, Tunisia, Vietnam, Laos, Cambodia, etc. allowing the principles of DMC to be applied in practices adapted to the social conditions of family agriculture among the poorest on the planet.

With Prof. João Carlos Sá, from the University of Ponta Grossa (Parana, Brazil), they will organize, again thanks to funding from AFD, from 2006 to 2011, six editions of an international training course on DMCs and the dynamics of soil organic matter, bringing together more than 90 agronomists, extension workers and researchers working in partnership with CIRAD in more than 13 countries in the South. All these countries, and others, can no longer ignore this key information for humanity: we now know how to grow large annual rainfed crops in the tropics in a sustainable, profitable and accessible manner. A new pillar is available to strengthen global food security and the autonomy of southern countries

In 2009, when he retired from CIRAD, he continued to provide support across the planet to stakeholders convinced of the relevance of the agronomic perspectives that he continued to open up. He starts leading networks, sharing his vision, ideas, creativity and humor. At the invitation of a Quebec agronomist, Louis Pérusse, he throws himself into adapting DMCs to continental conditions ; they reinstate the overseeded winter wheats in soybeans three weeks before harvest, gaining a month of growth before winter and bringing the harvest forward by a month. This calendar, radically upgraded from the schemes based exclusively on spring crops, opens a window for overseeded mixtures of cover crops in ripening wheat. Those practices bring here, as everywhere, an integrated way, by and for the biology, recharge in organic matter and multiple ecosystem functions such as nitrogen fixation by pulse crops or legumes, stimulation of symbiotic and non-symbiotic microbial functions the formation of a sustainable and strong macroporosity, by the combined effects of powerful root systems and the stimulation of a strong activity of earthworms, the control of weeds by the ground cover….

In southern Brazil, in the states of Santa Catarina and Rio Grande do Sul, he works with young Brazilian agronomists to design and share, over hundreds of thousands of hectares, multifunctional cover crop made from complex mixtures made up of of 10 species and more. He was invited to Argentina and Uruguay in 2009 by Jean Waymel, a farmer of French origin, with whom he developed diversified DMCs/SCVs integrating overseeded sowing on plant cover, including large-seed crops such as soybeans. These techniques, practiced on a very large scale increase the rates of establishment of crops and the resilience of production systems in an increasingly variable climate.

His passion for plant diversity, his talents as a naturalist, have led him to tirelessly explore many temperate and tropical plant species, to offer increasingly effective mixtures combining annual and perennial crops, and with aerial and root diversified functionalities and morphologies, the heart of DMCs

Even in France !

In the mid-1990s, he also initiated exchanges with a few French farmers in French metropolitan area France and later in overseas departments and territories (Réunion, West Indies, New Caledonia).

With these pioneers of SCV in France [1], he experiments in many diversified areas as the banks and hillsides of the Loire, the Champagne Berrichonne, the hills of the Gers, the Camargue, the slopes of the Montagne Pelée… in cereal systems, mixed farming, banana plantations, in rainfed or irrigated conditions.

What crops and species associations for winter and summer covers, depending on environmental conditions … How to sow them in different crops, by catch, in succession, at what date, at what dose …? This know-how and this knowledge are to be cleared up and organized through trials. All these farmers are extending and diversifying their rotations, integrating pulse crops via crops (winter and spring peas, soybeans, etc.) and cover crop, possibly fodder (vetch, faba bean, grass pea, clover, etc.). Livestock farms thereby conquer their protein autonomy. To the techniques of crops dried cover, harvested and left on the ground before sowing the crop, are added living covers of alfalfa on clay-limestone…, clover or trefoil on more acidic or hydromorphic soils, making farms more flexible toward climate variation and with less costs toward market changes

They test and pool what has been learned, using their own funds, a network co-opts to move forward. Lucien leads it by structuring the trials and maintaining the agrological course of DMCs, even when the expected results are not immediately achieved.

Better and better controlled, DMCs are gradually integrating all the cultivated land on these farms, profoundly reshaping their farming system. The equipment parks are simplified, the high traction powers for soil preparation no longer need to be. Being autonomous is a necessity for cover cropping practice, as the legislation prohibits exchanges, donations and sales between farmers, even for species and varieties free of right; commercial seeds are not necessarily optimal for the systems and remain expensive, used at the right rate.

None of these farms use insecticides, whether foliar, soil or seed treatment, on any crop, or slug control. Fungicides are only and exceptionally applied to straw cereals and rapeseed, at a quarter or half of the recommended doses, only when climatic conditions are favorable to the development of pathogenic fungi and occur at a critical stage of these crops. Herbicides remain, at low doses, mainly for cover control. The inputs of mineral nitrogen to straw cereals and corn gradually decrease to reach 10 to 12 units per tonne of grain, an efficiency almost doubled compared to surrounding farms. All these farms which have been practicing DMCs for more than 15 years obtain the best technical performances (yield, nutritional and sanitary quality of the grains) in their respective regions; at the same time, they reduced their input and fuel costs by 39%, compared to so-called reasoned agriculture (simplified tillage, moderate input dose), to 58%, compared to references using conventional tillage and full doses of inputs.

On all these results, Lucien communicates a lot, with enthusiasm and passion … even if, after a life in contact with the actors of development and research in Brazil, the inertia of french agriculture doesn’t stop to surprise him. Sometimes talkative and sufficient, the inertia continues to grow despite the crisis in which the immense majority of producers and the general state of our soils are struggling.

What lessons for the future of our agriculture ?

There is so much to remember from this huge journey, for those who would like to continue the work of Lucien Séguy on the paths of development and knowledge of DMCs around the world.

Practicing DMCs means wanting to be a driving force of the environment mutation that we cultivate by and for the power of plants. It means thinking about and organizing powerful flows of diversified biomasses to continuously capture, store and release solar energy by plants and soil life. We now know that this requires keeping the soil covered at all times, mobilizing a great diversity of plants within the rotations through multi-specific cover, and abandoning all forms of tillage. This last point is perhaps very debated because it is the most emblematic symbol of a radical change of model; surely because it is the one that poses the most problems of implementation in the transition phases and for certain cultures for which solid technical references are still lacking. Yet it is the one for which scientific knowledge is most firmly established; working the soil, even in a superficial and episodic way, harms everywhere, whether one is in Nièvre, in Quebec or in the heart of Mato Grosso, from/to the life of the soil and to the storage capacities and restitution of energy that ‘she builds. To work the soil is to condemn oneself to do Penelope’s work, always undoing at night what plants photosynthesize during the day.. It is to condemn oneself to remain in a technical in-between, to cut it from full, complete and continuous effectiveness from the natural processes that organize soil fertility and contribute to the control of bio-aggressors in our crops. It is by respecting these 3 practical principles of DMCs that the significant and continuous inputs of organic matter nourish an increasingly rich, complex and abundant microbial and invertebrate biodiversity so that our cultivated soils can self-organize.

Developing DMC cultivation and production systems requires, first of all to abandon the idea of ​​an applicable recipe in order to strike out the free but methodical exploration of a huge field of possibilities. It requires imagining and learning to carry out rotations that meet our production objectives where crops and plant cover take turns to tend towards covered soil 365 days a year. It also requires, at the beginning, daring to break the reassuring comfort of conventional, instituted practices. It is accepting to go through decisions contrary to what we have been taught, to what we are recommended. This is refusing to see a salvation in the supposedly revolutionary « high tech » that imposes on over-indebted farmers, to dare the complexity of life and autonomy. It is to enter, for the first time with the seeder in a « big » plant cover, or, later to prefer to sow overseeded in living covers or over ripening crops … while wondering all the same, for once and together/to unison with the neighbors, if we haven’t become a little goofy! It’s also refraining the use of this insecticide by knowing that, in the long term, we will lose more than we gain, preferring to feed pests by luring them rather than killing them and giving up their natural enemies, etc. All these questioning of current practices dissolve, one after another, the current standards and benchmarks. It’s like crossing a mirror, behind which we could get all the benefits of natural processes and through which we could see how tillage is absurd and unnatural.This transformation of the way we cultivate has transformed us as much as our soils and our farms, and yet we are aware that we are on the edge of a vast territory that we are only just beginning to explore with confidence, a way towards a humble and happy future. Lucien Séguy always wanted to move toward an efficient agriculture thanks to biodiversity and plant engineering.

Research is also experiencing difficulties  appropriating subjects such as cropping systems based on direct seeding on plant cover; these technical objects are confusing because they derive their efficiency from natural processes that they activate; natural processes which, over time, organize our soils and give the ecosystems we cultivate their main functions of fertility management and self-regulation of various pests, weeds, phytophages, diseases …

This essential mediation of nature creates a distance between the practical gesture and the associated effectiveness, measurable in our plots and our farms. It thus renders the factorial approaches of classical agronomy, based on analyzes of the presupposed links between practice and effect, unsuitable for the study and design of these systems. Because these are not the result of a combination of factors but are the emerging creation of a complex cultivated environment and the concomitant transformation of the perceptions and knowledge of those who practice them.

It is for helping us to engage in this double transformation that we would like to thank you here, Lucien.

May your formidable legacy be understood and taken up by actors and politicians, far-sighted, courageous and ambitious.

[1] Jean-Claude Quillet, Hubert Charpentier, Christian Abadie, Sandrine Gallon & Alain Coudrillier, Noël & Lydie Deneuville, Bertrand and Patrick Aubéry…

Article published in the journal – TCS (Techniques Culturales Simplifiées) – « Agronomie, Ecologie et Innovation – TCS N° 108 Juin-Juillet-Août 2020 »

Article written with the sources of http://open-library.cirad.fr

Lucien Séguy, 1944-2020, agrônomo de engenharia vegetal

Primeiros passos

Lucien Séguy nasceu em uma família de pequenos camponeses no norte de Dordogne, orgulhosos de suas raízes e trabalhando duro. Ele será o único de seus quatro irmãos a entrar na universidade. Com um diploma em engenharia agrícola da ENSA Toulouse em mãos, seguido de uma especialização em pedologia na ORSTOM (anteriormente IRD …) em Bondy, ele se casou com Jacqueline, que o acompanharia ao longo de sua carreira. Seu serviço civil ocorreu no Senegal de 1967 a 1969; na grande estação IRAT (Instituto de Pesquisa Agronômica Tropical) em Bambey, ele prefere uma missão no mato, Sefa. Ele está refazendo um mapa do solo e trabalhando para melhorar a lavoura por tração animal nos campos de arroz de Casamance.

Em 1969, o IRAT o designou para Camarões Ocidentais em Dschang, onde montou e apoiou projetos de arroz nas planícies de M´Bos e N’Dop. Lá, ele realizou trabalhos em sistemas de cultivo e melhoria varietal de arroz irrigado e de sequeiro. Suas análises das interações entre genótipo e meio ambiente, destacando a maior influência da fertilidade do solo nos ataques por explosão, apontam isso e ainda são citadas.

Seu trabalho e realizações combinando pesquisa e desenvolvimento atraem gestores da pesquisa agropecuária brasileira e, no final de 1977, ele se tornou o primeiro especialista do IRAT estacionado no Brasil, designado para a LEMAPA no estado do Maranhão. Ele trabalhará no Brasil até sua aposentadoria em 2009 e além. De 1977 a 1982, com a ajuda de Serge Bouzinac, ele desenvolveu estudos sobre o cultivo de arroz de sequeiro para, entre e com pequenos camponeses sem terra. Os sistemas de corte e queima manual nessas savanas secundárias de Palmiers Babaçu são comparados aos sistemas de tração animal, imediatamente abandonados devido à erosão catastrófica que eles induzem. Primeiro sinal sobre a necessidade de semeadura direta nessas ecologias tropicais. Mas Lucien e Serge são informados de que suas atividades com os sem-terra do Nordeste não são do agrado de todos. Nessas regiões do Brasil, naquela época, a mensagem era inequívoca, devemos sair rapidamente. O Embrapa – CNPAF (Centro Nacional de Arroz e Feijão) de Goiânia, interessado em seus resultados, os acolhe.

1982, novo ambiente, portanto. Os Cerrados do Centro-Oeste brasileiro (Mato Grosso, Goiás, Tocantins …), um bioma de savanas arborizadas, mais de 200 milhões de hectares nos quais avança uma frente pioneira irreprimível de pecuária extensiva e agricultura mecanizada. Solos lateríticos e ácidos, desprovidos de nutrientes … há muito considerados inadequados para qualquer forma de agricultura lucrativa. Independentemente disso, a conquista da terra está em andamento: desmatamento, arroz de sequeiro, monocultura de soja em lavoura simplificada com ferramentas de disco … base de arado, erosão! Devastação em escala industrial. O diagnóstico é feito rapidamente, as primeiras recomendações, simples, adaptadas seguem: combinar rotação de culturas comerciais (soja / arroz, soja / milho) e sucessão anual onde a cultura comercial é seguida por uma safrinha secundária (milho, sorgo ou milheto) com preparações profundas do solo (lavra com arado, escarificação com ferramentas de dentes). Esses sistemas de lavoura profunda são bem-sucedidos e são amplamente distribuídos. Mas o advento da semeadura direta nas regiões subtropicais do sul do Brasil mudará o paradigma do trabalho de Lucien e Serge.

A invenção, Semeadura Direta na Cobertura Vegetal (SCV) em um ambiente tropical

1984, visita à Cooperativa Central de Laticínios do Paraná em Carambeí, região dos Campos Gerais, primeiras discussões com os agrônomos Hans Peeten, Josué Nelson Pavei… e os produtores Nonô Perereira e Franke Dijkstra, pioneiros da semeadura direta nesta região sul.

1985, um produtor esclarecido de Mato Grosso, Munefumi Matsubara, abre bem as portas de sua fazenda … e sua bolsa. As alternativas de plantio direto são rigorosamente comparadas a sistemas com preparo profundo ou raso. Durante esses cinco anos decisivos, os sistemas de plantio direto são mais produtivos e lucrativos do que os sistemas convencionais; são também e, acima de tudo, os únicos que permitem aumentar em mais de 20% o conteúdo de matéria orgânica dos solos. São lançados os sistemas sob cobertura vegetal (SCV), etapas cruciais são percorridas com a inserção, em sucessão, em associação às culturas comerciais, de espécies como sorgo, milheto, crotalária, braquiária … que produzem fortes valorizando a biomassa marginal e principalmente a água do solo.

Os princípios técnicos dos sistemas DMC que permitem respeitar as leis operacionais dos agroecossistemas tropicais são estabelecidos, formalizados em documentos científicos e didáticos. A analogia central com o funcionamento de um ecossistema de floresta tropical, alimentando-se de reciclagem contínua entre biomassa viva e morta, graças à atividade biológica dos solos, fornece uma estrutura fértil para a criatividade agronômica de Lucien Séguy. As coberturas das plantas são apresentadas como bombas biológicas, reciclando elementos minerais, protegendo o solo das chuvas tropicais, preservando uma temperatura ideal para a atividade biológica e a absorção das raízes … muito pelo contrário dos solos expostos à lavoura ou técnicas de cultivo simplificadas, incompatíveis com o manejo sustentável dos recursos do solo.

Este trabalho é realizado por meio de múltiplas parcerias, em interação com a disseminação ativa de seus resultados por fundações e associações de produtores. Antes do ano de 2000, os DMCs já cobriam – e economizavam – milhões de hectares de terras agrícolas nos estados de Goiás, Mato Grosso, Tocantins, Maranhão, Piauí … cruzando uma vasta diversidade pedoclimática tropical na qual os DMCs estão diversificando. . Eles estão inventando novas alternativas, em coberturas de plantas mantidas vivas sob cultivo, ainda mais eficientes, como a soja em cobertura permanente de capim (Cynodon dactylon) ou o milho em amendoim perene (Arachis pintoï). Com o grupo Maeda, os SCVs são adaptados ao cultivo de algodão, pré-requisito para seu rápido desenvolvimento no Mato Grosso.

Paralelamente, eles estão desenvolvendo com James Taillebois, criador do CIRAD, um programa de seleção genética de arroz com o objetivo principal de ampliar a adaptabilidade das variedades criadas e suas tolerâncias a doenças fúngicas, selecionando em condições de chuva, equador ao subtropical, cruza entre poças de origens de sequeiro e irrigadas. Essas variedades viajam para muitos países tropicais e subtropicais, mostrando sua grande plasticidade, derivada de suas bases genéticas e dos sistemas DMC nos quais são selecionados.

Lucien e Serge inspiraram milhares de agricultores, agrônomos e pesquisadores brasileiros com base em seu trabalho pioneiro e visionário em sistemas secretos para ecologias tropicais no Brasil. Eles receberam visitas de todos os países e continentes, tornando-se o primeiro e melhor embaixador do SCV brasileiro.

Informar e treinar o mundo

De 1984 até sua aposentadoria, Lucien realiza missões de apoio todos os anos com colegas pesquisadores, agrônomos e projetos de desenvolvimento público e privado em muitos países tropicais da África e do sul da Ásia. É. Madagascar, um continente insular com inúmeros ecossistemas tropicais, será, graças às parcerias estabelecidas e ao financiamento de inúmeros projetos da Agência Francesa de Desenvolvimento (AFD), uma antecâmara para pequenos camponeses dessas técnicas nascidas na dinâmica agroindustrial do Brasil. Outros projetos seguirão, principalmente com financiamento da AFD, na Costa do Marfim, Gabão, Camarões, Senegal, Tunísia, Vietnã, Laos, Camboja, etc., permitindo que os princípios do DMC sejam aplicados em práticas adaptadas às condições sociais da agricultura famílias entre as mais pobres do planeta.

Com o professor João Carlos Sá, da Universidade de Ponta Grossa (Paraná), eles organizarão, novamente, graças ao financiamento da AFD, de 2006 a 2011, seis edições de um curso internacional de treinamento sobre DMCs e a dinâmica da matéria orgânica do solo, reunindo mais de 90 engenheiros agrônomos, extensionistas e pesquisadores que trabalham em parceria com o CIRAD em mais de 13 países do sul. Todos esses países e outros não podem mais ignorar essas informações importantes para a humanidade: agora sabemos como cultivar grandes colheitas anuais de sequeiro nos trópicos de maneira sustentável, rentável e acessível. Um novo pilar está disponível para fortalecer a segurança alimentar global e a autonomia dos países do sul.

Em 2009, após sua aposentadoria do CIRAD, ele continuou seu apoio em todo o planeta com as partes interessadas convencidas da relevância das avenidas agronômicas que ele continua abrindo. São criadas redes que ele lidera, compartilhando sua visão, idéias, criatividade e humor. A convite de um engenheiro agrônomo de Quebec, Louis Pérusse, ele embarcou na adaptação de DMCs às condições continentais ; eles revivem os trigos de inverno transmitidos na soja três semanas antes da colheita, ganhando um mês de crescimento antes do inverno e adiantando a colheita em um mês. Este calendário, profundamente revisado a partir dos esquemas baseados exclusivamente nas culturas da primavera, abre uma janela para a difusão de misturas de plantas de cobertura no trigo amadurecido. Este último traz aqui, como em toda parte, de forma integrada, pelo e para o biológico, recarga de matéria orgânica e múltiplas funções do ecossistema, como fixação de nitrogênio por leguminosas, estimulação de funções microbianas simbióticas e não simbióticas, criação e a manutenção de uma macroporosidade forte pelos efeitos combinados de sistemas radiculares poderosos e a estimulação de uma forte atividade de minhocas, o controle de ervas daninhas pela cobertura do solo….

No sul do Brasil, nos estados de Santa Catarina e Rio Grande do Sul, ele trabalha com jovens agrônomos brasileiros para projetar e distribuir, em centenas de milhares de hectares, talheres multifuncionais feitos de misturas complexas compostas de de 10 espécies e mais. Ele foi convidado para a Argentina e o Uruguai em 2009 por Jean Waymel, um agricultor de origem francesa, com quem desenvolveu SCVs diversificados que integram a semeadura de transmissão na cobertura vegetal, incluindo grandes sementes, como a soja. Essas técnicas praticadas em uma escala muito grande aumentam as taxas de estabelecimento de culturas e a resiliência dos sistemas de produção em um clima cada vez mais variável.

Sua paixão pela diversidade de plantas, seus talentos como naturalista, o levaram a explorar incansavelmente muitas espécies de plantas tropicais e temperadas, a oferecer misturas cada vez mais eficazes que combinam culturas anuais e perenes e com funcionalidades e morfologias aéreas e radiculares. diversificado, o coração dos DMCs.

Até na França !

Em meados da década de 1990, ele também iniciou intercâmbios com alguns agricultores franceses na França continental e, posteriormente, em departamentos e territórios ultramarinos (Reunião, Índias Ocidentais, Nova Caledônia).

Com esses pioneiros do SCV na França [1], ele faz experiências em ecologias tão diversas como as margens e encostas do Loire, o Champagne Berrichonne, as colinas do Gers, a Camargue, as encostas do Montagne Pelée … em sistemas de cereais , agricultura mista, plantações de banana, em condições de sequeiro ou irrigadas.

Quais as espécies e associações de espécies para coberturas de inverno e verão, dependendo das condições ambientais … Como semeá-las em diferentes safras, por captura, em sucessão, em que data, em que dose …? Esse know-how e esse conhecimento devem ser esclarecidos e organizados por meio de ensaios. Todos esses agricultores estão ampliando e diversificando suas rotações, integrando legumes por meio de culturas (ervilhas de inverno e primavera, soja, etc.) e talheres, possivelmente forragens (ervilhaca, faba, ervilha, trevo, etc.). Assim, as fazendas de gado conquistam sua autonomia protéica. Além das técnicas de coberturas mortas, mortas antes da semeadura, aqui também são adicionadas coberturas vivas de alfafa sobre argila e calcário, de trevo ou trifólio em solos mais ácidos ou hidromórficos, economizando ainda mais em custos e flexibilidade diante dos caprichos do clima e dos mercados.

Eles testam e agrupam o que foi aprendido, usando seus próprios fundos, uma rede que coopta para avançar. Lucien lidera estruturando os ensaios e mantendo o curso agrológico dos DMCs, mesmo quando os resultados esperados não são imediatos.

DMCs cada vez melhores e controladas estão gradualmente integrando toda a terra cultivada nessas fazendas, reformando radicalmente seu sistema agrícola. Os parques de equipamentos são simplificados, as altas potências de tração para o preparo do solo não precisam mais ser. Também é necessário ser autônomo para a produção de sementes de talheres, a legislação que proíbe doações, trocas ou vendas entre agricultores, mesmo para espécies e variedades isentas de direitos de criadores ou que não estejam mais disponíveis no mercado; sementes comerciais não são necessariamente ótimas para os sistemas e permanecem caras, usadas na taxa certa.

Nenhuma dessas fazendas usa inseticidas, seja no tratamento foliar, no solo ou nas sementes, em qualquer cultura ou no controle de lesmas. Os fungicidas são aplicados apenas excepcionalmente nos cereais de palha e canola, em um quarto ou metade das doses recomendadas, quando condições climáticas favoráveis ​​ao desenvolvimento de fungos patogênicos ocorrem em um estágio crítico dessas culturas. Os herbicidas permanecem, em doses baixas, principalmente para o controle da cobertura. Os insumos minerais de nitrogênio nos cereais de palha e no milho estão diminuindo gradualmente para atingir 10 a 12 unidades por tonelada de grão, uma eficiência quase duplicada em comparação com as fazendas vizinhas. Todas essas fazendas que praticam DMCs há mais de 15 anos obtêm os melhores desempenhos técnicos (rendimento, qualidade nutricional e sanitária dos grãos) em suas respectivas regiões; ao mesmo tempo, eles reduziram seus custos de insumos e combustível em 39%, em comparação com as chamadas rotas razoáveis ​​(lavoura simplificada, dose de insumo moderada), para 58%, em comparação com as referências que usam lavoura convencional e doses completas de insumos.

Em todos esses resultados, Lucien se comunica muito, com entusiasmo e paixão … mesmo que, após uma vida em contato com os atores de desenvolvimento e pesquisa no Brasil, a inércia, por vezes faladora e suficiente, da agricultura francesa continue a crescer. surpreendê-lo diante da crise em que a imensa maioria dos produtores e o estado geral de nossos solos estão lutando.

Que lições para o futuro da nossa agricultura ?

Há muito o que lembrar dessa imensa jornada, para aqueles que desejam continuar o trabalho de Lucien Séguy nos caminhos do desenvolvimento e do conhecimento dos DMCs pelo mundo.

Praticar DMCs significa querer orquestrar a transformação dos ambientes que cultivamos pelas e para o poder das plantas. Significa pensar e organizar fluxos poderosos de biomassa diversificada para capturar, armazenar e liberar continuamente a energia solar das plantas e da vida do solo. Agora sabemos que isso requer a manutenção de cobertura permanente do solo, mobilização de uma grande diversidade de plantas em rotações por meio de cobertura multiespecífica e sucesso no abandono de todas as formas de lavoura. Este último ponto é talvez muito debatido, porque é o símbolo mais emblemático de uma mudança radical de modelo; certamente porque é a que mais problemas de implementação coloca nas fases de transição e para certas culturas para as quais ainda faltam sólidas referências técnicas. No entanto, é aquele para o qual o conhecimento científico está mais firmemente estabelecido; trabalhar o solo, mesmo de maneira superficial e episódica, prejudica em qualquer lugar, seja em Nièvre, no Quebec ou no coração de Mato Grosso, a vida do solo e as capacidades de armazenamento e restituição da energia que ‘ela constrói. Trabalhar o solo é condenar-se ao trabalho de Penelope, sempre desfazendo o solo durante a noite o que as plantas fotossintetizam durante o dia. É condenar-se a permanecer em um meio técnico, afastar-se da eficácia plena, completa e contínua dos processos naturais que organizam a fertilidade do solo e contribuem para o controle de bioagentes em nossas culturas. É respeitando esses três princípios práticos dos DMCs que as contribuições significativas e contínuas da matéria orgânica nutrem uma biodiversidade microbiana e invertebrada cada vez mais rica, complexa e abundante e que nossos solos cultivados podem se auto-organizar.

O desenvolvimento de sistemas de cultivo e produção no DMC exige, em primeiro lugar, abandonar a idéia de uma receita aplicável para embarcar na exploração gratuita, porém metódica, de um enorme campo de possibilidades. É necessário imaginar e aprender a realizar rotações que atendam aos nossos objetivos de produção, onde as culturas e a cobertura vegetal se revezam para tender para o solo coberto 365 dias por ano, além de, inicialmente, ousar romper as amarras. com o conforto tranquilizador das práticas convencionais instituídas. É aceitar tomar decisões contrárias ao que nos foi ensinado, ao que nos é recomendado. Isso se recusa a ver uma salvação na supostamente revolucionária « alta tecnologia » que se impõe aos agricultores super endividados, para ousar a complexidade dos seres vivos e da autonomia. É entrar, pela primeira vez com a semeadora em uma « grande » cobertura vegetal, depois preferir semear na mosca em coberturas vivas ou em culturas maduras … enquanto se pergunta o mesmo, pela primeira vez. uníssono com os vizinhos, se não ficamos um pouco patetas! É também abster-se de fazer esse inseticida aceitando a idéia de que há mais a longo prazo a perder do que a ganhar com isso, preferindo alimentar as pragas atraindo-as ao invés de matá-las e desistir de inimigos naturais, etc. Todos esses questionamentos das práticas atuais dissolvem, um após o outro, os referenciais em vigor e são semelhantes a cruzar um espelho, atrás do qual estão reunidos os benefícios que ativam os processos naturais que nos servem; um espelho atrás do qual também os sistemas de cultivo parecem o que são, absurdos e não naturais. Essa transformação na maneira como cultivamos nos transformou tanto quanto nossos solos e nossas fazendas, e ainda assim estamos conscientes de estar à beira de um vasto território que estamos apenas começando a explorar, uma fonte de confiança no futuro. e feliz humildade. Lucien Séguy queria avançar incansavelmente nesta terra de biodiversidade e engenharia de plantas a serviço de uma agricultura cada vez mais limpa e eficiente.

A pesquisa também está tendo dificuldade em capturar esses estranhos objetos técnicos, que são sistemas de cultivo baseados na semeadura direta na cobertura vegetal; esses objetos técnicos são confusos porque derivam sua eficiência dos processos naturais que ativam; processos naturais que, ao longo do tempo, organizam nossos solos e dão aos ecossistemas que cultivamos suas principais funções de manejo da fertilidade e autorregulação de várias pragas, ervas daninhas, fitófagos, doenças …

Essa mediação essencial do natural cria uma distância entre o gesto prático e a eficácia associada, mensurável em nossas parcelas e em nossas fazendas. Assim, torna as abordagens fatoriais da agronomia clássica, baseadas em análises dos vínculos pressupostos entre prática e efeito, inadequadas para o estudo e o design desses sistemas. Porque estes não são o resultado de uma combinação de fatores, mas a criação emergente de um ambiente complexo e cultivado e a transformação concomitante das percepções e conhecimentos daqueles que os praticam.

É por nos ajudar a entrar nessa dupla transformação que gostaríamos de agradecer a você aqui, Lucien.

Que seu formidável legado seja entendido e assumido por atores e políticos, clarividentes, corajosos e ambiciosos.

[1] Jean-Claude Quillet, Hubert Charpentier, Christian Abadie, Sandrine Gallon e Alain Coudrillier, Noël e ​​Lydie Deneuville, Bertrand e Patrick Aubéry…

Artigo publicado na revista – TCS (Techniques Culturales Simplifiées) – « Agronomie, Ecologie et Innovation – TCS N° 108 Juin-Juillet-Août 2020 »

Artigo escrito com as fontes http://open-library.cirad.fr

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